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Comme souvenirs je n'ai que quelques photos, et le nounours offert à mon baptême à la cathédrale d'Alger. Par mes recherches, et par l'aide que j'ai eue,
Je sais que je suis né, à l'hopital Mustapha, que faute de lits j'étais dans une corbeille a linge, que nous avons habité, MAISON CARREE, LAVIGERIE et l'AVENUE BATTENDIER au N°<1>, que mes arrière-grands-parents et que mes grands-parents etaient mis en terre à Boufarik. Je ne connais pas l'état de leurs tombes. Mon père était comptable chez Nestlé, Il faisait aussi parti du monde du spectacle (voir les photos), il jouait de l'accordéon. Ma mère travaillait à Air Algérie, ma sœur et moi allions en classe à Alger à (Bonaventure) prés de l'av. Battendier. Si je fais ce site c'est en hommage à mes parents et aussi par besoin ; oui j'ai besoin de parler et de chercher tout ce qui concerne ce pays, mon pays, jamais je ne pense y retourner, pourtant je ressens le besoin de parler de ma terre. Je n'ai aucune racine, et je comprends de plus en plus le mal de mes parents et des Pieds-Noirs, partir, tout quitter sans espoir de retour. A 5 ans quand nous sommes arrivés, comme beaucoup, nous étions perdus. Mais ce qui me fait le plus mal et ça je l'ai vécu, ce sont les larmes de ma mère et l'accueil, nous avons été parqués dans des lieux insalubres, traités de moins que rien, c'était presque honteux d'être-nous, d'avoir voulu rester français, nous étions des envahisseurs. On n'avait qu'à rester chez nous, et moi du haut de mes 5 ans, je n'étais qu'un sale étranger, un sale petit Pied Noir. A 5 ans on ne comprend pas que les grands puissent être méchants ; les années ont passé et toujours les mêmes remarques ; j'ai été puni pour mon accent, je me suis battu contre ces insultes. Plus tard j'ai évité de dire que j'étais un Pied-Noir, mais aujourd'hui à presque 50 ans je me rends compte du mal qui a été fait, à moi, à ma famille et à tous les francais d'Algérie. La seule chose que j'ai retenue, c'est simplement que les Pieds-Noirs ne rêvaient que d'une chose : garder leur terre comme on leur avait promis et par-dessus tout, rester FRANCAIS. Il m'arrive encore aujourd'hui, quand je dis que je suis Pied-Noir d'entendre " ah tu es un arabe ". Les gens après 42 ans n'ont encore rien compris, ils se disent non racistes, mais insultent d'autres Français. Maintenant je ne fais plus attention même si ça fait très mal. Le jour ou les gens comprendront le mal que nous avons subi : quitté nos morts, nos amis, nos racines, de venir dans un pays qui ne voulait pas de nous, ce jour sera beni, et enfin la tolérance régnera. A Alger c'était ( LA VALISE OU LE CERCUEIL ) et à Marseille ( JETEZ-LES A LA MER ) la vie de tous les pieds-noirs a été détruite, et malgré tout ce mal et toutes ces blessures, je suis fier de mes origines et je le dis haut et fort JE SUIS UN PIEDS-NOIR J'EN SUIS FIER Et mon cœur le restera... sur mon cœur y sont gravés deux pieds-noirs Bernard |
Conception et
réalisation du site : Bernard KAYSER.
