
UN GRAND FROID
Il a pris pour compagne la neige. Le froid
Dans son sortilège nous glace d’effroi.
Heureusement on est bien au chaud dans sa gandourah
De Père Noël, bien au chaud comme au Sahara.
La Seine grelotte et charrie des glaçons
Dans ses flots tumultueux comme dit la chanson
Elle roule en boule, boulonne et tourbillonne
Capricieuse et vraie sauvageonne.
Là-haut dans sa cabane de bambous,
Dominant le monde de sa personne immense
Le chimpanzé est saisi par le froid intense.
Il attend patiemment le redoux.
Entre les deux pôles du Nord au Sud
La rivière grisaille au Nord
La jungle verdoie au Sud
Le monde, vaste étendue, existe encore.
Et moi, immobile et contemplatif
Je m’enroule dans mes lainages,
Pendant que passe le froid hâtif
Et que fond toute cette neige.
Gilbert MORALLI (FEVRIER 1991)
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